Reprends le contrôle de tes journées avec une discipline douce et durable

Le matin où j’ai compris que ma journée ne m’appartenait plus

Il y a eu un matin très banal où j’ai compris que je n’étais plus vraiment aux commandes de mes journées.
Je dis banal parce que tout ressemblait à la veille. Réveil trop tard. Téléphone attrapé avant même d’avoir ouvert les deux yeux. Notifications qui défilent. Première pensée du jour déjà dictée par les autres.

Je devais commencer par un truc important ce matin là. Un projet qui traînait depuis des semaines. Je m’étais pourtant juré la veille
« Demain, je me lève, je m’y mets direct, aucune distraction ».
Tu connais la suite.

Je me suis retrouvé une heure plus tard à regarder une vidéo sur un type qui vit avec trois objets dans sa chambre et qui prétend être heureux. Pendant que ma to do list me regardait en silence depuis un coin de mon cerveau.

Cette journée là, comme beaucoup d’autres avant, ne m’a pas vraiment appartenu.
Elle a été faite de petites dérives. Une notification ici. Un mail là. Un « je réponds vite fait » qui devient trente minutes. Un « j’ouvre juste Instagram pour voir un truc » et me voilà en train de comparer ma vie à celle de gens que je ne connais même pas.

Le soir, assis sur le lit, je me suis dit
« Je n’ai rien contrôlé. Rien. J’ai juste été trimballé par les heures comme un sac dans un torrent ».
C’est un peu dramatique dit comme ça mais sur le moment c’est exactement ce que je ressentais.

Et puis cette phrase m’est tombée dessus.
Pas une citation motivante de coach.
Un truc plus simple, presque un murmure
« Et si le problème ce n’était pas le manque de volonté mais la façon dont tu vois la discipline »

Je me suis rendu compte que pour moi discipline voulait dire se faire violence. Se forcer. Se serrer la vis.
Forcément, rien d’étonnant à ce que je lâche au bout de trois jours.
Qui a envie de vivre avec un garde chiourme dans la tête

C’est ce soir là que j’ai commencé à envisager un truc bizarre
Une discipline douce.
Pas une contradiction. Juste une autre façon de reprendre le contrôle sans me fracasser au passage.

Comment j’ai arrêté de me battre contre moi même

Je ne vais pas prétendre que j’ai trouvé la recette magique en une semaine.
La vérité c’est que j’ai tâtonné. J’ai fait n’importe quoi. J’ai recopié des routines parfaites vues sur Internet. Je me suis levé à cinq heures trois fois d’affilée avant de comprendre que mon corps me détestait pour ça.

Mais à force de me rater, j’ai commencé à comprendre des choses sur moi. Et surtout sur cette fameuse discipline.

D’abord, j’ai vu à quel point je pensais tout en termes de « tout ou rien ».
Soit journée parfaite, ultra productive, soit « tant pis, foutu pour foutu, je ferai mieux demain ».
Sauf que demain ressemblait beaucoup à aujourd’hui.

Alors j’ai décidé de tester autre chose. Une discipline qui ne commence pas avec un marteau mais avec un chuchotement.
Un truc presque invisible.
Par exemple
Je me suis mis une seule règle pour le matin
Avant d’ouvrir le téléphone, je fais une chose qui compte pour moi. Une seule. Même si elle dure cinq minutes.
Un peu d’écriture. Deux pages d’un livre. Juste m’asseoir sur une chaise et regarder par la fenêtre en respirant.
C’est ridicule à raconter. On dirait un conseil de magazine bas de gamme.
Mais pour moi ça a été un petit séisme.

Parce que pour la première fois depuis longtemps, ma première action de la journée venait de moi et pas d’une application.
Ce n’était pas spectaculaire.
Je n’allais pas changer de vie en trois jours.
Mais je reprenais un micro morceau de contrôle.

Ensuite, j’ai revu complètement ma façon de penser la discipline.
Je pensais que c’était un truc dur, tranchant, presque militaire.
En réalité, pour moi, ça ressemble plus à une relation avec un ami.
Tu peux lui parler avec douceur mais tu ne lui mens pas.

Je me suis posé une question simple
Quelle est la version la plus douce d’une journée disciplinée que je peux imaginer tout en avançant vraiment
Pas celle qui fait bien sur un réseau social.
La mienne. Avec ma fatigue, mes envies, mes faiblesses.

La réponse n’a pas été immédiate.
J’ai testé des listes trop longues.
J’ai testé des journées hyper cadrées par des horaires.
J’ai tout foiré plusieurs fois.
Mais au fil des semaines, j’ai remarqué un truc
Plus je mettais la barre bas au début, plus j’avais de chances de continuer.

Par exemple, au lieu de « écrire une heure tous les matins » je suis passé à
« ouvrir le document et écrire au moins une phrase ».
Évidemment, une phrase ne suffit pas pour finir un projet.
Mais une phrase appelle souvent une deuxième.
Et parfois ça reste une seule. Et c’est ok.
La discipline douce c’est ça pour moi
Se montrer chaque jour à son propre rendez vous, même si c’est en chaussettes trouées et avec une demi énergie.

Ce qui a vraiment changé ma façon de vivre mes journées c’est d’arrêter de me juger comme un patron mécontent.
Avant, si je rattais ma plage de travail du matin, je passais le reste de la journée à me cogner des reproches mentaux.
Résultat
Je culpabilisais trop pour me remettre vraiment au boulot.
Culpabilité et discipline ne font pas bon ménage.

Maintenant, quand je dérape, j’essaie de réagir comme si j’étais mon propre ami.
Je constate.
Je me dis « ok, tu t’es encore fait embarquer dans les réseaux, c’est noté ».
Et je cherche juste
Quelle est la prochaine petite chose que je peux faire pour revenir sur ma journée
Pas demain. Pas la semaine prochaine. Là, dans l’heure qui vient.
Parfois, c’est aussi bête que
Fermer l’onglet. Poser le téléphone dans une autre pièce. Lancer un minuteur de dix minutes et me concentrer sur une tâche.
Dix minutes, ce n’est pas héroïque.
Mais c’est une victoire discrète. Et la discipline douce se nourrit de ça. De petites victoires qui ne se voient pas de l’extérieur mais qui reconstruisent quelque chose à l’intérieur.

Évidemment, il y a des jours où rien ne marche.
Les mauvaises nuits. Les mauvaises nouvelles. Le cerveau dans la brume.
Avant, ces jours là étaient pour moi la preuve que je n’étais « pas fait pour être discipliné ».
Maintenant, j’essaie de les voir comme des rappels
Je ne contrôle pas tout.
Je ne contrôlerai jamais tout.
Mais je peux quand même choisir un geste minuscule pour ne pas me perdre complètement.
Ranger mon bureau. Noter trois choses à faire demain. Éteindre l’écran une heure plus tôt.
C’est ça aussi, reprendre un peu le contrôle.
Pas devenir un robot efficace.
Juste arrêter de me laisser avaler entièrement.

Le plus surprenant dans tout ça, c’est le côté durable.
Parce que je ne me force plus à entrer dans un costume trop serré, je tiens plus longtemps.
Mes journées ne sont pas métamorphosées.
Je procrastine encore. Je me perds encore parfois dans des labyrinthes de vidéos inutiles.
Mais j’ai comme un fil dans la poche.
Une routine douce, modeste, qui me permet de retrouver le chemin sans me taper dessus.
Et mine de rien, ça change tout.

Reprendre le contrôle de mes journées, pour moi, ça ne veut plus dire « tout optimiser ».
Ça veut dire
Savoir pourquoi je fais ce que je fais.
Choisir au moins quelques moments clefs au lieu de subir chaque minute.
Et accepter que la discipline ne soit pas une loi gravée dans la pierre mais une conversation continue avec moi même.
Une conversation parfois tendre, parfois un peu ferme, mais jamais cruelle.

Je suis encore en chemin.
Je recommence souvent de zéro.
Mais à force de recommencer avec douceur au lieu de tout brûler, j’ai fini par construire quelque chose qui ressemble à une base.
Fragile. Humaine. Vivante.
Une discipline qui ne hurle pas mais qui chuchote
« Tu peux essayer encore une fois ».

Et ça, c’est suffisant pour que mes journées commencent à m’appartenir un peu plus.
Pas entièrement.
Mais assez pour que le soir, je me dise
« Aujourd’hui, j’ai au moins choisi une partie de ma vie ».
Et cette phrase là fait un bien fou.

Je me demande comment ça se passe pour toi.
Est ce que tu as l’impression de piloter tes journées ou de les regarder passer depuis le siège passager
Est ce qu’il y a un petit geste, minuscule, que tu pourrais poser demain matin pour te les réapproprier un peu, sans violence, sans grand discours
Je n’ai pas de réponse générale.
Je sais juste que parfois, un tout petit changement doux peut avoir plus d’effet qu’une grande résolution brutale.
Et peut être que nos journées n’ont pas besoin d’être parfaites
Seulement un peu plus à nous.

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