Clarifier ton esprit en 7 jours pour retrouver motivation et sérénité

Le soir où mon cerveau a dit stop

Je me souviens très bien du moment où j’ai compris que mon esprit était devenu une pièce de stockage Ikea mal montée. Tout entassé n’importe comment, rien d’étiqueté, et à chaque fois que je cherchais une idée claire, tout s’écroulait en même temps.

C’était un mardi soir. Un mardi sans qualité particulière, comme tous les mardis qui ont décidé d’être gris à l’intérieur de ta tête. J’étais assis devant mon ordinateur, avec cette fameuse to do list qui ressemblait plus à un roman russe qu’à une liste de tâches. Je lisais chaque ligne, et au lieu de sentir une impulsion, je sentais juste une sorte de brouillard compact.

Tu connais peut être ce moment un peu gênant où tu te retrouves à relire la même phrase trois fois, sans en retenir un seul mot. Moi j’étais là, en plein dedans. Sauf que ce n’était pas un livre, c’était ma propre vie. Mes projets. Mes envies. Mes obligations. Tout s’était mélangé en une pâte informe.

Je ne manquais pas de choses à faire. Je manquais d’envie. Et surtout, je manquais d’espace à l’intérieur de ma tête. J’avais l’impression d’avoir oublié où se trouvait le bouton “motivation”. J’appuyais sur tout le tableau de bord en même temps, et évidemment, ça faisait juste disjoncter le système.

Ce soir là, j’ai refermé l’ordinateur sans avoir avancé d’une ligne sur quoi que ce soit. Je suis resté assis dans le noir, sans musique, sans podcast, sans notification. Et une pensée un peu brutale m’a traversé :

Si je continue comme ça, je vais réussir à m’épuiser sans rien accomplir. Ce qui est quand même un certain talent.

Et là, au milieu de ce marasme intérieur, une idée toute simple s’est glissée. Et si je faisais une sorte de “semaine de ménage mental” Rien de magique, rien de spirituel, juste sept jours pour clarifier un peu ce foutoir. Pas pour changer de vie. Juste pour retrouver cette sensation basique d’avoir un esprit où l’on peut encore respirer.

Je ne l’ai dit à personne. Je n’ai pas posté “Jour 1 de mon challenge clarté mentale” avec une photo de café esthétique. Non. J’ai juste pris un vieux carnet moche, un stylo à moitié sec, et je me suis fait une promesse silencieuse. Sept jours. Pas pour devenir une meilleure version de moi même. Juste pour redevenir accessible à moi même.

Comment sept jours bancals ont remis un peu d’ordre là dedans

Je pourrais te dire que j’ai construit un super plan structuré. En réalité, j’ai bricolé. Chaque jour, j’ai ajouté une petite chose, en enlevé une autre. Un peu comme quand tu ranges un tiroir et que tu réalises que tu ne peux pas tout remettre dedans. Que certaines choses doivent partir, même si tu ne sais pas encore où.

Le premier jour, j’ai juste écrit. Sans filtre. Sans chercher à être cohérent. J’ai vidé mon cerveau sur le papier comme on vide un sac après un voyage. Billets de train, papiers de tickets de caisse, souvenirs qui ne servent plus à rien.

J’ai écrit tout ce qui me tournait en boucle dans la tête. Ce que je devais faire. Ce que j’avais peur de faire. Ce que je pensais devoir faire pour être quelqu’un de valable. Au bout de quelques pages, j’ai vu apparaître un motif assez simple. Je ne manquais pas de temps. Je manquais de clarté.

Le deuxième jour, j’ai pris une décision bizarre pour quelqu’un qui travaille sur internet. J’ai passé la journée sans réseau social. Pas de fil, pas de vidéo, pas de petit réflexe d’ouvrir une appli en attendant que l’eau chauffe. Mon esprit avait pris l’habitude de sauter d’une stimulation à l’autre comme un enfant en sucre à un anniversaire.

Le silence électronique m’a mis extrêmement mal à l’aise. Signe, probablement, que j’en avais besoin. J’ai réalisé à quel point une partie de mon “brouillard mental” venait tout simplement du fait que je laissais entrer n’importe quoi dans ma tête, n’importe quand.

Le troisième jour, je me suis attaqué à un truc plus concret. J’ai trié toutes mes listes. Celles du téléphone, du carnet, des post it, des notes envoyées par mail à moi même. J’ai tout rassemblé au même endroit. Et pour chaque point, je me suis posé une question toute bête

Est ce que c’est vraiment important pour moi, là, maintenant ou est ce que je me le traîne juste par habitude

Une bonne partie est partie à la poubelle. Avec un peu de culpabilité, bien sûr. La fameuse petite voix qui te dit “oui mais un jour tu pourrais en avoir besoin”. Sauf qu’un jour n’est pas une date. Et qu’entretenir des “un jour” flous, ça te grignote le présent.

Le quatrième jour, j’ai commencé à remettre du corps dans l’histoire. Parce que vouloir clarifier son esprit sans bouger son corps, c’est un peu comme vouloir ranger un grenier sans jamais monter l’escalier. J’ai juste marché. Longtemps. Sans but précis. Sans podcast, encore une fois.

Au bout d’une heure, quelque chose s’est posé en moi. Comme si mes pensées, qui jusqu’ici tournaient en rond, avaient enfin trouvé un rythme. Le simple fait de poser un pas devant l’autre m’a aidé à poser une idée après l’autre. C’est assez basique. Presque trop simple pour qu’on y croie. Mais pourtant, ça marche.

Le cinquième jour, j’ai essayé un truc que j’évite d’habitude. Ne rien remplir. Pas d’objectif héroïque, pas de nouvelle habitude à cocher. Juste une matinée à ne rien planifier. C’est là que j’ai vu à quel point j’étais accro à l’idée de devoir être “productif”. Comme si exister tranquillement n’était plus suffisant.

J’ai regardé le plafond. J’ai bu mon café sans rien faire d’autre. Et, ce qui me surprend encore, c’est que les idées sont revenues à ce moment là. Mais pas sous forme de pression. Sous forme d’envie. Tu sens la nuance

Le sixième jour, j’ai mis de la lumière sur quelque chose que j’avais un peu peur de voir clairement. Certains projets que je traînais depuis des mois n’étaient plus pour moi. Ils appartenaient à une version de moi qui voulait prouver des choses, tenir des engagements pris trop vite, se montrer capable.

Les voir avec honnêteté m’a fait mal sur le coup. Un peu comme quand tu te rends compte que tu as passé des années à garder contact avec des gens avec qui tu n’as plus envie de parler. Pas parce qu’ils sont mauvais. Juste parce que vous n’êtes plus au même endroit.

Alors j’ai rayé. J’ai fermé des dossiers. J’ai renoncé. Et je ne vais pas enjoliver. Renoncer, c’est inconfortable. On a l’impression de perdre une part de soi. Mais au fond, j’ai compris que je ne perdais rien. Je faisais juste de la place.

Le septième jour, je n’ai rien déclaré “réussi”. Je n’ai pas levé les bras au ciel. Je me suis simplement posé une question en regardant cette semaine étrange

Comment je me sens, là, maintenant

La réponse n’était pas spectaculaire. Je ne me sentais pas transcendé ni réécrit de fond en comble. Je me sentais plus léger. Plus disponible à ma propre vie. Les choses qui comptaient vraiment pour moi étaient passées au premier plan. Les autres s’étaient un peu estompées.

Et surtout, la motivation n’était plus ce grand concept abstrait que j’attendais comme la météo. C’était redevenu quelque chose de simple. Quand mon esprit est moins encombré, l’envie revient toute seule. Pas en fanfare. Mais comme une lumière qui se rallume progressivement dans une pièce qu’on avait oubliée.

Je ne suis pas devenu un moine zen. Je continue à me perdre dans le bruit, à retomber dans mes vieux schémas, à me gaver d’infos inutiles certains jours. Mais maintenant, je sais que je peux revenir à cette idée de sept jours. Pas comme une méthode officielle, mais comme une sorte de rituel bancal et humain

Écrire ce qui tourne en boucle.

Couper un peu le monde extérieur.

Trier ce qui compte vraiment.

Remettre le corps en mouvement.

Accepter le vide.

Renoncer à certaines choses.

Et se demander avec honnêteté comment on se sent vraiment.

Ce ne sont pas des étapes gravées dans le marbre. Plutôt des portes qu’on peut rouvrir quand l’intérieur commence à devenir trop bruyant. À chaque fois que je le fais, je découvre un détail différent. Une peur que je n’avais pas vue. Une envie que j’avais mise de côté. Une habitude qui ne me ressemble plus.

Je ne sais pas dans quel état est ton esprit en ce moment en lisant ces lignes. Peut être que tout est clair et bien rangé. Peut être que tu es au bord de la saturation, avec l’impression de te perdre dans une liste interminable de “il faudrait que”.

Ce que je me demande, et que j’ai envie de te laisser comme question, c’est simplement ça

Si tu t’offrais sept jours, non pas pour devenir quelqu’un d’autre, mais juste pour t’alléger un peu, par quoi tu commencerais

Pas besoin de grande révolution. Pas besoin de le dire au monde entier. Peut être juste un carnet moche, un peu de silence, une marche sans but, une décision minuscule que toi seul vois.

Je n’ai pas de vérité universelle à t’offrir. Juste ce constat un peu fragile mais sincère

Chaque fois que je clarifie un espace en moi, même tout petit, la motivation n’a plus besoin d’être forcée. Elle revient. Elle se faufile par les interstices. Et avec elle, une forme de sérénité, discrète, mais tenace.

Alors peut être que la question n’est pas “comment être plus motivé”

Peut être que la vraie question c’est “de quoi ai je besoin pour voir clair à nouveau”

Et le reste, parfois, suit tout seul.

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