Les jours sans énergie : et si le problème n’était pas vous ?
Il y a ces jours où tout semble lourd. Se lever demande un effort, se concentrer paraît impossible, et la moindre tâche devient une montagne. Vous avez des objectifs, des envies, des projets… mais votre énergie ne suit pas. Alors la culpabilité s’installe : “Je manque de discipline”, “Je n’y arriverai jamais”, “Je ne suis pas fait pour ça”.
Pourtant, ce n’est pas votre volonté qui est en cause dans ces moments. C’est votre stratégie. Beaucoup de personnes s’imaginent qu’il faut toujours être motivé pour avancer. Résultat : dès que l’énergie baisse, tout s’arrête. Projets en pause, habitudes abandonnées, confiance en soi qui s’effrite.
La bonne nouvelle, c’est qu’il existe une approche différente : la stratégie des petits engagements. Une façon de continuer à avancer, même les jours de fatigue, de doute ou de démotivation. Une méthode douce qui ne repose pas sur la force brute, mais sur l’intelligence du fonctionnement humain. Dans cet article, vous allez découvrir comment l’utiliser pour rester en mouvement, préserver votre estime de vous et progresser concrètement, un petit pas à la fois.
Analyse approfondie
La stratégie des petits engagements part d’un constat simple : votre cerveau déteste les grands changements soudains, surtout lorsque votre niveau d’énergie est bas. Quand vous lui présentez une tâche perçue comme immense, complexe ou longue, il active immédiatement un mécanisme de protection : la procrastination. Non pas par paresse, mais pour éviter la surcharge mentale.
À l’inverse, un petit engagement semble facile, rapide, accessible. Il ne déclenche pas la même résistance intérieure. Votre cerveau se dit : “Ça, je peux le faire.” C’est cette porte d’entrée que nous allons utiliser.
Un petit engagement, c’est une action :
- Très précise : vous savez exactement ce que vous devez faire.
- Très courte : idéalement réalisable en moins de cinq minutes.
- Très accessible : même dans un mauvais jour, vous pouvez la faire sans vous épuiser.
Par exemple :
- Au lieu de “faire une séance de sport”, s’engager à enfiler ses chaussures et faire une minute de mouvement.
- Au lieu de “travailler une heure sur un projet”, s’engager à ouvrir le document et corriger une phrase.
- Au lieu de “lire 20 pages”, s’engager à lire un paragraphe.
Pris isolément, ces gestes paraissent insignifiants. Mais psychologiquement, ils déclenchent plusieurs mécanismes puissants :
- Ils vous mettent en mouvement, et le mouvement appelle souvent la suite. Une minute peut devenir cinq, puis dix.
- Ils renforcent votre identité de quelqu’un qui tient ses engagements, même les jours difficiles.
- Ils réduisent l’écart entre la personne que vous voulez être et ce que vous faites concrètement au quotidien.
Les petits engagements permettent aussi de contourner le perfectionnisme. Au lieu de viser une version idéale de vous même, vous visez la version “minimum viable” de votre progrès. C’est cette version réaliste et durable qui construit de vrais résultats.
Concrètement, la stratégie consiste à définir pour chaque domaine important de votre vie une version “mini” de l’action que vous souhaitez maintenir. Une sorte de plancher d’engagement, en dessous duquel vous ne descendez jamais. Même si la journée est catastrophique, vous faites au moins ce petit quelque chose.
Avec le temps, ces mini actions s’additionnent. Elles consolident vos habitudes, protègent votre confiance en vous et évitent l’effet “tout ou rien” : ce piège qui fait qu’au moindre écart, nous abandonnons totalement nos objectifs. C’est ce changement de logique que nous allons explorer dans les enseignements suivants.
Enseignements essentiels
Premier enseignement
Le premier enseignement est de remplacer la logique du tout ou rien par la logique du “toujours un peu”. Beaucoup de personnes fonctionnent selon un schéma binaire : soit elles respectent parfaitement ce qu’elles ont prévu, soit elles considèrent que tout est fichu et remettent à plus tard. Ce mode de fonctionnement est extrêmement coûteux pour la motivation et la confiance en soi.
La stratégie des petits engagements vous invite à changer de question. Au lieu de vous demander “Est ce que je vais faire tout ce que j’ai prévu aujourd’hui ?”, demandez vous : “Quel est le plus petit pas que je peux faire, même dans cet état ?”. Ce simple changement de perspective ouvre de nouvelles possibilités.
Par exemple :
- Vous aviez prévu 30 minutes de sport mais vous êtes épuisé. Plutôt que de laisser tomber, vous faites deux minutes d’étirements doux.
- Vous vouliez avancer une heure sur un projet, mais votre concentration est au plus bas. Vous relisez simplement une page et corrigez un détail.
- Vous deviez méditer 10 minutes mais vous n’en avez pas le courage. Vous fermez les yeux et respirez calmement pendant une minute.
Ce qui compte ici, ce n’est pas la quantité, c’est la continuité. Chaque petit engagement tenu envoie un message à votre cerveau : “Même dans les mauvais jours, je reste présent pour mes objectifs.” Ce message, répété souvent, transforme votre relation à vous même.
Progressivement, vous développez une identité plus stable : celle de quelqu’un qui ne dépend pas totalement de sa motivation ou de son humeur pour agir. Cette stabilité intérieure vaut bien plus qu’une grande performance ponctuelle obtenue dans un moment de motivation extrême, puis jamais reproduite.
Deuxième enseignement
Le deuxième enseignement est que les petits engagements sont un outil puissant pour contourner la résistance intérieure. La plupart du temps, ce n’est pas l’action en elle même qui nous bloque, mais l’image mentale que nous en avons. Nous imaginons la difficulté, la durée, le risque d’échec, le jugement des autres, et tout cela crée un mur invisible.
Un petit engagement réduit ce mur. Par exemple, “écrire un livre” peut sembler écrasant. “Ouvrir mon document et écrire une phrase imparfaite” paraît beaucoup plus faisable. Votre résistance diminue, car vous n’êtes plus face à un projet immense mais face à une micro action très concrète.
Ce fonctionnement rejoint un principe bien connu en psychologie : nous avons besoin d’amorçage. Une fois que nous avons commencé, même très modestement, il est plus facile de continuer. Les petits engagements servent précisément d’amorce.
Voici quelques façons d’utiliser ce principe dans différents domaines :
- Productivité : s’engager à lancer un minuteur de cinq minutes et à avancer sur une seule sous tâche, même minuscule.
- Organisation : s’engager à ranger seulement un objet, un tiroir ou un dossier, au lieu de vouloir tout organiser en une fois.
- Relations : s’engager à envoyer un message court à une personne importante pour entretenir le lien, même si l’on n’a pas l’énergie pour un long échange.
La clé est de formuler chaque petit engagement de manière précise, vérifiable et réaliste. Ce réalisme n’est pas un aveu de faiblesse, c’est une stratégie intelligente pour restaurer le mouvement dans les périodes de blocage.
Avec le temps, ces amorces finissent souvent par créer plus d’élan que prévu. Vous vous surprenez à dépasser votre mini engagement, non pas par obligation, mais parce que vous êtes déjà lancé. Et même les jours où vous ne faites que le minimum, vous avez gagné : vous n’êtes pas resté complètement immobile.
Troisième enseignement
Le troisième enseignement est que les petits engagements protègent et renforcent votre estime de vous, en transformant la façon dont vous évaluez vos journées. Beaucoup de personnes jugent leur valeur à partir de ce qu’elles n’ont pas fait. Elles regardent leur liste de tâches inachevées et concluent : “Je ne suis pas à la hauteur.” À force, cette manière de voir les choses use profondément la confiance en soi.
Avec la stratégie des petits engagements, vous commencez à vous évaluer différemment. Vous portez votre attention sur ce que vous avez réussi à maintenir, malgré les contraintes, la fatigue, les imprévus. Cela ne veut pas dire se contenter du minimum toute sa vie. Cela signifie reconnaître que le fait de rester présent, même à petite dose, est déjà une forme de force.
Imaginons deux personnes avec le même objectif. La première avance de manière intense pendant quelques jours, puis abandonne dès que l’énergie baisse. La seconde avance modérément, mais ne rompt jamais complètement le fil : même dans ses mauvais jours, elle fait un geste minime. Sur plusieurs mois, c’est la seconde qui progresse le plus, mais aussi celle qui développe un respect plus profond pour elle même.
En pratiquant régulièrement les petits engagements, vous créez un cercle vertueux :
- Vous agissez un peu, même quand c’est difficile.
- Vous constatez que vous tenez vos engagements minimaux.
- Vous vous sentez plus fiable à vos propres yeux.
- Cette fiabilité renforce votre envie de continuer à agir.
Ce cercle vertueux est l’un des leviers les plus puissants de transformation personnelle. Il est au cœur de nombreuses approches de changement durable, et vous pouvez l’activer simplement en décidant qu’il y aura toujours une version “petit pas” de vos objectifs, accessible même dans vos pires journées.
Application pratique
Pour mettre en place concrètement la stratégie des petits engagements, vous pouvez suivre ce plan d’action simple en quatre étapes.
Première étape : choisir vos domaines prioritaires. Sélectionnez deux ou trois domaines qui comptent réellement pour vous en ce moment. Par exemple : santé, projet professionnel, apprentissage, relations. Inutile de tout transformer à la fois, concentrez votre énergie.
Deuxième étape : définir votre version minimum. Pour chaque domaine, décidez de l’action minimale que vous ferez même un mauvais jour. Quelques exemples :
- Santé : boire un grand verre d’eau au réveil, ou faire deux minutes d’étirements.
- Projet professionnel : ouvrir le fichier du projet et améliorer une phrase, une idée, un paragraphe.
- Apprentissage : lire ou écouter une minute de contenu lié à ce que vous voulez apprendre.
- Relations : envoyer un message simple à une personne importante pour prendre des nouvelles.
Troisième étape : formuler vos engagements. Écrivez vos petits engagements sous une forme claire, par exemple :
- “Chaque jour, même si je suis épuisé, je fais au moins deux minutes d’étirements.”
- “Chaque jour, même si je n’ai aucune motivation, j’ouvre mon document de projet et j’améliore au moins une phrase.”
- “Chaque jour, même si je suis débordé, je lis au moins un paragraphe sur le sujet que j’apprends.”
Vous pouvez les noter sur une feuille que vous voyez souvent, dans votre téléphone ou dans un carnet. L’idée est de rendre ces engagements visibles pour votre cerveau.
Quatrième étape : suivre sans vous juger. Pendant au moins 21 jours, demandez vous chaque soir : “Ai je tenu au moins un petit engagement aujourd’hui ?”. Ne cherchez pas la perfection. Il y aura des ratés. Dans ces cas là, au lieu de vous critiquer, posez vous deux questions :
- Qu’est ce qui a rendu mon petit engagement difficile aujourd’hui ?
- Comment puis je l’alléger encore pour qu’il soit vraiment faisable même dans mes pires journées ?
Parfois, vous réaliserez que votre engagement “minimum” était encore trop ambitieux, et qu’il faut le simplifier davantage. Ce n’est pas un échec, c’est un ajustement intelligent. Votre objectif n’est pas d’impressionner qui que ce soit, mais de créer une continuité durable.
Un exercice concret pour aujourd’hui : prenez dix minutes pour choisir un domaine, définir votre petit engagement et le mettre immédiatement en pratique. Même si c’est minuscule. Par exemple, si votre domaine prioritaire est un projet qui vous tient à cœur, ouvrez le fichier tout de suite et modifiez un mot, une phrase, une idée. Ce minuscule passage à l’action est le début d’une nouvelle manière de fonctionner.
Si vous souhaitez structurer encore plus cette démarche et l’inscrire dans un processus global de transformation personnelle, vous pouvez vous appuyer sur des ressources comme Transformez votre vie – Le guide ultime, qui vous aidera à clarifier vos priorités et à construire des habitudes alignées avec la personne que vous voulez devenir.
Erreurs courantes à éviter
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Choisir des petits engagements qui ne sont pas vraiment petits. Si votre mini engagement demande beaucoup d’énergie, de préparation ou de volonté, il ne jouera plus son rôle de filet de sécurité les jours difficiles. Soyez honnête avec vous même : la version “trop facile pour échouer” est souvent la plus efficace.
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Confondre petit engagement et manque d’ambition. Réduire la taille des actions ne signifie pas renoncer à de grands objectifs. Au contraire, c’est souvent la meilleure façon d’y parvenir réellement. L’erreur est de croire que seuls les gros efforts comptent. Dans la durée, ce sont les efforts réguliers, même modestes, qui produisent les plus grandes transformations.
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Ne pas célébrer les petites victoires. Beaucoup de personnes minimisent ce qu’elles font en se disant “Ce n’est rien, ce n’est pas assez”. Cette attitude sabote l’effet positif des petits engagements. Prenez le temps, chaque fois que vous tenez votre mini engagement, de le reconnaître intérieurement. Un simple “Je l’ai fait, même aujourd’hui” suffit à renforcer votre estime de vous et votre motivation.
Pour aller plus loin
Si la stratégie des petits engagements résonne avec vous et que vous souhaitez l’intégrer dans une démarche de transformation plus globale, vous pouvez approfondir le sujet en explorant vos croyances, vos résistances et votre vision de la personne que vous voulez devenir. Un outil précieux pour cela est le guide complet disponible ici :
Découvrir le guide Transformez votre vie. Il vous permettra d’articuler vos petits engagements avec une vision claire et cohérente de votre évolution personnelle.
Conclusion
Avancer même les jours sans énergie n’est pas une question de force surhumaine ou de motivation constante. C’est une question de stratégie. En adoptant les petits engagements, vous cessez de vous battre contre vous même et vous commencez à travailler avec votre réalité du moment.
Un pas minuscule reste un pas. Une action imparfaite vaut mieux qu’une intention parfaite jamais réalisée. Chaque fois que vous choisissez le “un peu” au lieu du “rien”, vous renforcez une identité plus solide, plus fiable, plus alignée avec la personne que vous souhaitez devenir.
Vous n’avez pas besoin de transformer votre vie en un jour. Vous avez seulement besoin d’un petit engagement, aujourd’hui, puis d’un autre demain. La constance de ces gestes simples finira par dessiner une trajectoire nouvelle. Commencez là où vous êtes, avec ce que vous avez, et laissez vos petits engagements bâtir peu à peu une grande version de vous même.
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